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Il faudra faire avec ça

J'ai voulu publier hier soir, je sais que vous attendiez des nouvelles. Et paf, Blogspirit était en maintenance de vendredi après-midi à cet après-midi et donc inaccessible.

Alors, cette journée d'hier ? Elle m'a littéralement vidée.

Quand je suis arrivée hier matin au bureau, j'ai trouvé un mail m'annonçant la mort d'un collègue. Un collègue de notre ancienne équipe, qui a pris sa retraite juste au moment du rachat il y a deux ans. J'ai travaillé plus de dix ans avec lui, nous avons fait une grande fête pour ses 60 ans avant son départ.

Durant l'année avant sa retraite il a lutté contre un cancer, qui était en rémission. Et comment est-il mort deux ans après ?

En tombant dans le hall de son immeuble et en se cognant la tête. Ce mail m'a bouleversée et sonnée. J'ai envoyé mails et SMS à mes anciens collègues. Et oui, sur place au bureau, il n'y a plus grand monde de l'ancienne équipe:-(

J'ai aussi appelé mon ancien PDG, qui était très ami avec lui, il le savait déjà et était sans voix.

Quand mon Directeur est arrivé, je le lui ai dit. Histoire qu'il comprenne que les trois anciens n'étaient pas au mieux ce vendredi.

A 9 heures, la DRH est arrivée, et s'est enfermée 45 minutes avec mon Directeur. Il est ensuite venu s'installer dans mon bureau et la DRH m'a reçu dans le sien. L'entretien a duré une heure. Elle a commencé par me dire que si elle était là c'était parce que mon Directeur se fait réellement du souci pour moi, me trouvant surmenée et à fleur de peau. Ajoutant que tout ce que nous allions dire pendant cet entretien resterait confidentiel.

Je lui ai dit tout ce que j'ai déjà dit à mon Directeur, mais de façon dépassionnée, factuelle, sans pleurer. J'avais préparé mes arguments, des exemples concrets...

Nous avons dialogué...

A la fin elle m'a dit que en effet elle me trouve au bord du surmenage pour ne pas dire plus, qu'il faut que je prenne des jours de congé. J'ai posé une journée la semaine prochaine, mais pour la petite histoire, j'ai voulu en poser une autre, je me suis entendue dire NON. Mais ça c'était avant de la voir, on verra si mon directeur change sa réponse.

Elle m'a aussi dit, et ce n'est pas négociable, qu'il n'y aura pas d'embauche, pas de CDD, pas de stagiaire. Il va falloir faire avec. Mon Directeur ne veut avoir affaire qu'à moi. N'ayant gardé aucune assistante précédemment, moi qui suis dans ma troisième année avec lui, maintenant il voit tout l'avantage de garder une assistante longtemps.

Donc s'il a parlé de moi à la DRH c'est qu'il a vu que je commence à ne réellement plus en pouvoir, comme je le lui ai dit la semaine dernière d'ailleurs.

Alors quelle solution ?

J'ai dit que primo, j'aimerais travailler au siège deux ou trois jours par mois, les semaines de clôture, pour être dans les équipes finance et comptabilité et ne pas être interrompue par d'autres dossiers. Et recevoir un peu d'aide des GFC au moins pendant ces périodes de clôture.

Et aussi, être déchargée de tout ce que je fais pour les traducteurs, situation que j'ai induite, je le reconnais, en voulant les ménager au maximum afin qu'ils puissent se concentrer sur leurs traductions, métier difficile s'il en est et que j'admire au plus haut point.

Mais au fil des mois, les conditions de travail devenant de plus en plus difficiles pour tout le monde, ils m'en demandent de plus en plus eux aussi. Et comme je parais toujours calme et souriante, personne n'imagine à quel point ça me fait perdre du temps. Ca c'est de ma faute je le reconnais.

Je vais maintenant répondre à chacun gentiment, mais définitivement que chacun doit faire ce qu'il est censé faire... Ca ne va pas être facile pour moi, mais ça devient une question de survie. C'est contre-nature pour moi de me cantonner uniquement à ce que je suis censée faire sans prendre soin de mes collègues, mais tel est le message appuyé que j'ai reçu hier.

La DRH m'a redemandé si mon Directeur pouvait compter sur moi à l'avenir, puisque je n'avais pas répondu à la question lors de mon évaluation en fin d'année. J'ai à nouveau fait la même réponse, jamais je n'en dirai plus, jamais je ne promettrai ce que je ne suis pas sûre de tenir.

Bref, donc pas de changements fondamentaux en perspective. Je suis toujours dubitative sur le pourquoi de cet entretien. Un réel intérêt de mon Directeur envers l'être humain que je suis ? Une inquiétude de perdre une employée impliquée et loyale ?

Un peu des deux ?

Un remontage de bretelles en haut lieu face au turn over hémorragique dans notre équipe ces deux dernières années, et qu'user encore une assistante serait celle de trop ? Avant moi, il en eu 10 en dix ans...

Je me suis rendue malade d'angoisse avant cet entretien, qui finalement s'est bien passé. Etait-il utile ? De mon point de vue pas vraiment, mais bon...

En fin de journée hier, mon Directeur n'a pu résister à me demander si je voulais lui raconter. Je l'ai fait, en lui disant que je n'avais rien dit de plus à la DHR  qu'il n'avait déjà entendu de ma part de toute façon. Il m'a dit qu'il souhaite réellement me voir retrouver mon vrai sourire, celui du début, et me sentir bien dans mon travail.

Que comme je viens tôt le matin, puisque j'aime travailler dans le calme, il n'est plus question maintenant que je parte plus tard qu'à 18h30. Et qu'il désire vraiment que je n'emporte plus mon ordi le vendredi soir pour travailler le week-end.

Ou il est excellent comédien, ou il a laissé tomber le masque quelques minutes, il semblait sincère. Ca n'a duré que quelques minutes, il s'est tout de suite remis à parler travail.

Ce vendredi m'a mise KO, physiquement et psychologiquement. J'étais ravie de voir JC à 19 heures. Ah mon JC, qui reçoit toutes mes émotions à l'état brut, les bonnes, les mauvaises. Son studio en renferme des confidences, et pas que les miennes. Et comme à chaque fois, je suis sortie à 20 heures regonflée à bloc.

J'ai dormi profondément la nuit dernière, je ne tenais plus debout. Je me suis levée à 7 heures, en forme, et hop, direction une nouvelle séance de sport. Oui, maintenant c'est mardi soir, vendredi soir, samedi matin.

La séance a été géniale, j'étais comme débarrassée de ce poids à l'estomac. A la fin de la séance est arrivée l'élève suivant, que je vois tous les samedis matins, que j'aime bien. Nous avons passé un quart d'heure JC, lui et moi à discuter.

Et si j'étais écrivaine, et si j'avais du talent, je ferais une nouvelle de ce moment. Trois personnes très différentes, un africain musulman, un juif marocain et une athée on ne peut plus blanche de peau en train d'échanger dans une salle de sport. Un très beau moment.

Je suis rentrée, Chéri se levait, nous avons pris un café, passé du temps à ne rien faire que parler, avons déjeuné.

A 14 heures, je suis allée m'étendre pour lire...une page. Et je me suis réveillée trois heures plus tard.

Après quoi, nous avons encore passé du temps à ne rien faire avec Chéri. C'est ce dont j'ai besoin ce week-end. Juste être là, à la maison avec Chéri qui me fait rire, qui danse, qui me parle. Je pense que demain également nous resterons blottis ainsi tous les deux. Je dois récupérer de ce vendredi... La mort de David... Mon travail...

A moi de maintenant agir de façon intelligente pour me sentir mieux dans mon travail, ils m'ont tendu la main, c'est maintenant que je dois mettre des choses en place.

Mais là tout de suite, je vais aller me coucher.

Non sans vous remercier de vos commentaires, SMS, mails qui m'ont tellement touchée, tellement aidée. Merci d'être là, et de ne pas toujours aller dans mon sens, c'est ça qui m'aide à prendre conscience des choses et à avancer.

Prenez soin de vous.

Je ne me relis pas, pardon si je n'ai pas été cohérente.

A demain:-)

Commentaires

  • Tu devrais devenir DRH, elle a des horaires cool...^^
    J'ai du mal à penser que ton directeur pense à toi d'abord et à ton bien-être au travail plutôt que de songer à ce tout ce qu'il a à perdre si tu lui claques dans les doigts... et oh, partir à 18h30 alors que tu arrives à quoi, 7h, 7h30 ou avant?? Whaou, mais quel chance tu as!!! Tu ne vas bosser que 9 ou 10 h, mais quelle avancée...
    Et si Monsieur veut que tu te sentes bien, qu'il apprenne donc à gérer son humeur et ne plus se décharger de son stress en te stressant toi.
    J'avoue aussi que cette phrase "à moi de maintenant agir de façon intelligente pour me sentir mieux dans mon travail, ils m'ont tendu la main, c'est maintenant que je dois mettre des choses en place" me fait grincer des dents...
    Désolée hein d'être "un peu" cynique.
    Je vais aussi rester bassement terre à terre, et ton salaire, dans tout ça, vous en parlez aussi ou bien?

    Enfin, si tu te sens mieux, tant mieux. Je n'ai nul doute que tu tiendras tes promesses, j'espère que tout le monde aura cette élégance.
    Quel dommage de JC n'ait pas un jumeau psy ^^

    Prends-soin de toi Claude.

  • Je suis contente que ton entretien soit positif : tu tiens les rênes ne te laisse pas détourner de ton objectif tu aimes suffisamment ton travail bien fait pour t'y tenir ! Belle journée a vous deux

  • Tout ça pour ça !
    J'ai le sentiment que votre directeur a peur de ne plus disposer des services de son assistante hors pair et qu'ils (la DRH et lui) veulent juste vous faire promettre ce que vous savez ne pouvoir tenir longtemps. Ridicule. Et vous, quelles promesses pourriez-vous leur soutirer ? Quelle valeur a un engagement pris sous la contrainte ?
    Je ne comprends pas (je ne suis pas directeur, ce doit être pour ça) qu'il vous laisse crouler sous le travail, en attendant beaucoup trop de vous, en tous domaines, lorsqu'il y a un déménagement, une réception... en demandant énormément et, en même temps, ne cherchant qu'à vous culpabiliser, à vous faire promettre, vous qui êtes très (trop) consciencieuse et loyale.
    Et lui, que pourrait-il mettre en place pour que vous retrouviez le sourire et le plaisir de travailler ? Vraiment, s'il y a quelqu'un-e dont vous devez vous soucier, c'est vous et seulement vous. Car, lorsque vous serez à terre, comment prendrez-vous de soin de qui que ce soit ? Vous en serez tout simplement incapable.
    Au sujet des traducteurs et de l'aide à eux apportée, je vous propose de leur dire -sans attendre qu'ils vous sollicitent- le plus simplement possible, ce qu'il en est. Quelque chose comme : j'ai souhaité et aimé vous aider, faciliter votre travail, je n'ai jamais parlé de mes difficultés, je le fais aujourd'hui car il m'est absolument impossible de continuer ainsi. Vous ne pourrez plus compter sur moi comme vous l'avez fait jusqu'à maintenant. J'en suis désolée mais c'est ainsi.
    Je pense qu'ils seront plus à même de le comprendre à un moment neutre et pas lorsqu'ils viennent demander de l'aide. Plus vous serez persuadée d'être dans votre bon droit, plus vous direz ce que vous avez à dire sans hésiter. Et surtout, ne croyez pas que vous êtes une sans coeur, une mauvaise ou je ne sais quoi d'autre. Ceux qui voudront vous le faire croire le sont. Parfois, on mélange tout et certaines personnes nous y aident bien. Je sais que vous êtes bien entourée mais vos collègues ayant à y perdre pourraient essayer d'appuyer sur la corde sensible. Mieux vaut y être préparée.
    J'ai bien lu qu'il n'y aurait pas d'embauche, de CDD, de stagiaire, que ce n'était pas négociable. Je n'ai pas compris si c'est lié au fait que votre directeur ne veut avoir affaire qu'à vous. Ou bien, est-ce pour des raisons financières ? Dans les deux cas, c'est une mauvaise nouvelle.
    Je vous propose d'obéir à votre directeur : partez chaque jour au plus tard à 18h30 et le vendredi sans votre ordinateur.
    Il est parfois bien difficile de se défendre lorsqu'on veut bien faire, qu'on est honnête, sérieuse, impliquée. On en arrive à croire que ce qui est demandé est normal. Non, cela ne l'est pas et, au fond de vous et pas qu'au fond, vous le savez. Peut-être êtes-vous trop polie, bien élevée, vous ne vous plaignez jamais et certains en profitent.
    Je pense bien à vous, passez un très bon dimanche à ne rien faire en compagnie de Chéri.
    Je vous embrasse.

  • Bonjour,
    Quand je te lis, hormis le sport ;) j'ai souvent l'impression que tu parles de moi !
    Cette empathie à toujours vouloir "aider" les autres dans le travail, au détriment de soi. PAREIL ! Mais là, je progresse doucement et je délègue. J'ai 2 secrétaires, une assistante, et j'apprends à leur donner du travail, parce que souvent je suis dans l'idée de ne pas les déranger, que je peux le faire moi même, mais au final c'est du temps et ce temps là me manque ailleurs. Alors ce n'est pas facile, mais avec le sourire cela passe bien, apprendre à dire non, apprendre aussi à dire que là, dans l'urgence, ce n'est pas possible. Qu'il y a d'autres priorités, avant cette priorité. Dans mon travail aussi, la pression augmente, pour tous. Il nous faut apprendre à travailler différemment.
    Je te présente mes plus sincères condoléances. A la cantine, un monsieur (je ne le connaissais pas) est décédé, il allait prendre sa retraite, cela m'a bouleversé aussi (mes collègues le connaissaient pour certains), passer sa vie à travailler et puis....? Alors je profite de chaque instant et quand j'oublie, je m'invite à profiter. A ne pas oublier de prendre le temps et de m'efforcer de laisser une place à chaque temps, le professionnel oui, le personnel aussi.
    Je t'embrasse.

  • En fait tu t'es fait b..., tu n'auras pas d'aide, autant de travail, des journées à rallonge et un cynique qui lui a de l'aide.

  • Tu as une DRH qui a bien compris que tu étais au bout du rouleau.
    Donc tu continueras comme avant et ton Directeur aura de l'aide.
    Plus tu seras fatiguée, plus on l'aidera lui.
    Pas toi hélas mais que veux tu, la Firme avant tout, n'est-ce pas ?
    On ne fait pas d'omelette sans casser les œufs.
    Ceux qui font l'omelette ne font jamais partie des œufs...

  • Merci Claude d'avoir raconté en détail ce qui s'est passé. J'aime bien certains conseils dans des commentaires, comme quand Chantal explique qu'il vaudrait mieux que tu parles à froid aux traducteurs.

    En tout cas, quand à l'avenir ton boss voudra que tu restes après 18h30 ou te demandera des choses impossibles, tu pourras ouvrir de grands yeux innocents et lui dire : "Mais vous vous souvenez bien des conclusions de la rencontre avec la DRH et de ce que vous m'avez conseillé ensuite ?"

    Pour ton collègue, c'est fou, je comprends que cela te touche beaucoup. On a beau le vérifier sans arrêt, difficile d'imprimer à quel point la vie peut s'arrêter d'une minute à l'autre.

    Je t'embrasse.

  • Je ne commente jamais, mais tous ces gens te manipulent, le seul intérêt qu'ils défendent est le leur, leur fric. Tu y laisseras ta vie, ils en embaucheront une autre... Je suis estomaquée. Lève le pied vraiment, fais ce que tu peux faire dans le temps pour lequel tu es payée. Ce qui ne peut être fait relève d'une mauvaise estimation de la charge de travail, et qu'ils se débrouillent. A l'impossible nul n'est tenu... Tant que tu combleras leurs insuffisances ils s'estimeront parfaits... Et toi corvéable à merci. Des bises

  • Oui, fait avec. Tu aimes ton travail, et surtout tu ne sais pas ou veux pas déléguer.
    Ose dire Non. Ce n’est pas toujours facile, je suis passé par là aussi, mais je me soigne.
    Et ne t’oublie pas, prends soin de toi, personne ne le fera à ta place.
    Heureusement, tu arrives à ne pas sacrifier le sport.
    Bises

  • Bonjour. Si Blogspirit est toujours en maintenance, il est peut-être possible de nous donner un petit signe de vie par la voie des commentaires.
    Merci et bonne semaine (allégée j'espère)

  • Heureusement que c'est jour férié demain... ^^ (bonne clôture d'octobre...............)

  • Pas de nouvelles, bonnes nouvelles...
    Bonne semaine Claude!

  • Mai où es tu, que fais tu ?? Ce silence commence à être pesant :-S des bisous

  • Bonjour à toutes et tous, ça ne se fait sans doute pas mais...qq'un a -t-il des nouvelles de Claude ? Au moins un petit "oui". Merci d'avance.

  • Oui et elle voudrait bien (et a envie) d'écrire ici rapidement mais je pense que le temps lui manque comme trop souvent :-)

    (repos total ce week-end suite au traitement pour son genou hier)(elle nous ne dira plus si elle le souhaite)

  • Merci beaucoup Pascale...je m'inquiétais un peu :-) me voilà rassurée...des bises à distribuer ;-)

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