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Ce 2 janvier...

Alors, je vous raconte la journée d'hier.

Je me suis réveillée tôt. Je savais que la médecin allait me rappeler pour me fixer un rendez-vous suite à mon message de la veille, et surtout, j'avais le ventre tordu d'angoisse à l'idée d'envoyer un mail à mon travail pour dire que je ne viendrais pas.

A 8h, après avoir vomi tripes et boyaux j'ai envoyé un mail tout simple à mon directeur, disant que mal remise de ma grippe du début des vacances, j'allais voir le médecin dans la journée et le tiendrais au courant.

Il m'a répondu qu'il attendait donc de mes nouvelles.

La médecin m'a appelée à 9h30, me disant qu'elle ne savait pas qui j'étais, n'ayant pas reconnu ma voix ni bien compris mon message. Illico en lui précisant qui j'étais, à peine a-t'elle eu le temps de me dire "Ah oui c'est vous je ne vous avais pas reconnue à la voix" que hop, je me suis (re)mise à pleurer.

Elle m'a dit qu'elle n'avait plus de rendez-vous mais que je vienne à 15h15, qu'elle serait à son cabinet pour sa paperasse et que nous pourrions parler.

J'ai continué à pleurer et à me vider, déjà épuisée. Rien que faire les 300 mètres qui séparent notre appart du cabinet médical, j'avais des vertiges et étais fatiguée comme si j'avais enchaîné une séance de sport et un dix kilomètres.

Quand elle m'a ouvert la porte et m'a demandé ce qui se passait, je lui ai dit que j'allais essayer de parler sans pleurer, et là je me suis mise à pleurer:-)

Je lui ai donc expliqué cette peur au ventre à l'idée de retourner au bureau. Elle m'a dit que ça fait des mois qu'elle me propose de m'arrêter pour que je reprenne des forces, que ça fait des mois que je refuse, mais que cette fois il n'y a pas à discuter.

Qu'on va commencer par deux semaines au bout desquelles elle me reverra. Que je dois m'éloigner de cet environnement toxique.

Nous avons dialogué une heure. Je lui ai dit que je me réfugie dans le sommeil, que je dors 16 heures ou plus par jour. Elle m'a dit que non ce n'est pas un refuge, que c'est un besoin de mon organisme, que je ne dois pas lutter, que je dois avant tout récupérer de cet intense épuisement.

Elle m'a aussi donné un, un quoi ? Appelons les choses par leur nom, un antidépresseur. En me disant que c'est la plus petite dose, et qu'il faut compter une dizaine de jours avant que cela ne provoque un mieux.

Elle m'a aussi donné un traitement homéopathique, pour trois mois.

Pour l'instant c'est tout. Pour parler avec un psy, il faut que je puisse parler.

Je suis passée à la pharmacie et suis rentrée en sanglotant. J'ai mon arrêt de travail à envoyer aux RH mais il me semblait poli de prévenir mon directeur.

Ca m'a angoissée pendant plus de deux heures. J'ai fini par faire un mail très neutre, disant que je serais au bureau le 15 janvier et ne manquerais pas de le tenir au courant de la suite, sans donner de détails sur la raison de mon arrêt.

Contrairement à ce que j'aurais fait "avant", je ne me suis ni justifiée, ni excusée de la gêne occasionnée au niveau du travail. Ca parait totalement naturel de ne pas m'excuser d'être malade, mais pour moi c'est une avancée.

Ma top collègue m'a appelée hier soir. Elle m'a dit que tous nos collègues ont défilé dans son bureau en disant que j'avais l'air mal avant les vacances, moi qui rassure toujours tout le monde d'un sourire, d'un mot, d'un geste, ils avaient remarqué ma mauvaise mine. Qu'ils sont tristes que je ne sois pas au bureau, d'habitude je suis toujours là le matin quand ils arrivent, les accueillant d'un sourire et qu'ils savent que quoiqu'il arrive je suis toujours là, douce et rigolote. Elle m'a dit aussi que plusieurs sont carrément allés voir mon Directeur en disant "mais qu'est ce qu'on fait si Claude n'est pas là ?". Ca l'a énervé et il s'est enfermé dans son bureau.

J'ai dormi comme une souche jusqu'à 9h30 ce matin. A 10 heures, alors que je prenais mon café, mon téléphone a vibré et j'ai vu que c'était un mail de mon patron. Mon ventre s'est immédiatement tordu de terreur et j'ai dû filer aux toilettes, sans même le lire.

Je n'ai eu la force de l'ouvrir qu'une heure après. C'était tout simplement un mail me disant qu'il prenait bonne note de mon arrêt, me souhaitait bon rétablissement et m'attendait le 15 janvier en espérant que j'aurais repris des forces.

Rien que de très banal et courtois, il faut que je cesse d'avoir peur comme ça.

Quelques minutes après une collègue m'a appelée, pour me dire qu'ils ont besoin de mon ordi (que j'avais apporté à la maison pour travailler pendant les vacances). Moi je me suis dit qu'ils auraient pu envoyer un coursier, c'est ce que j'aurais fait pour une collègue malade mais bon....

Chéri est donc allé leur déposer mon ordi avant d'aller travailler.

Cet après-midi, je suis sortie, juste pour poster mon arrêt de travail, histoire de prendre l'air. la Poste est à deux rues de chez nous, je suis rentrée avec les jambes coupées, en toussant comme une dératée. On dirait que je n'ai jamais fait de sport de ma vie, que j'ai 95 ans. Tout mon corps crie fatigue, fatigue, fatigue !

Je suis très au ralenti, ne m'en veuillez pas de ne pas répondre vite à vos mails privés. 

Mon amie qui est partie vivre à Grenoble, que je connais depuis mon arrivée à Paris m'a appelée. Nous avons parlé une demi-heure. J'ai dû pleurer 29 minutes sur les 30...

Une autre amie m'a appelée en fin d'après-midi, voulait passer me voir, mais je ne suis pas en état, trop fatiguée, trop mauvaise mine.

Mais ça me fait chaud au coeur ces coups de fil où mes amis ne sont ni choqués ni fâchés de m'entendre pleurer.

Et vous tous, je vous remercie. D'être là. De m'écrire de si gentils mots, ici ou en privé. De me supporter malgré les bêtises que j'aligne avec application depuis des mois... 

Mon "épisode dépressif fonctionnel" comme il est joliment écrit sur mon arrêt de travail est sans aucun doute moins grave qu'il ne l'aurait été si vous n'étiez pas là.

Commentaires

  • Rhoo mais tu vas te vider à force de pleurer comme cela ^-^. Dis donc je me demande si finalement cette grippe qui t a achevée n est pas venue te sauver. Elle t a mise hs mais je crois bien que sinon tu aurais continué à foncer tête baissée coute que coute pour aller bosser.
    Essaie de zapper le boulot et les collègues pour le moment. Penses à toi reposes toi et fait ce que tu as envie de faire ce qui te fait plaisir et du bien. Pour l homeo tu as l habitude ? Granules à prendre loin des repas , du café ...
    Bon tu as mangé quoi aujourd hui ?

  • Et oh Claude vous ne pensez plus à votre travail il se passera de vous très bien
    Il vous faut du repos quelques promenades..dormir..et pouvoir parler à une psychologue
    Soyez douce avec vous et chéri et là

  • C'était poli de prévenir, mais pourquoi dire "je serai au bureau le 15" et non je suis arrêtée jusqu'au 14 ?

  • Comme Val... tu tends le bâton pour te faire battre, ça aussi il va falloir arrêter. Si tu as besoin de plus de temps de repos, d'une prolongation de ton arrêt maladie, j'espère que tu accepteras.
    Tes collègues... peuvent pas s'enlever un peu les doigts du c*l??? Zont pas compris eux non plus que tu te ruinais la santé à leur mâcher le travail?? Qu'est-ce qu'on va faire, mais bossez seuls bandes de glands! Comment font-ils quand tu es en vacances??
    Même si tu n'es pas en état de parler pour le moment, peut-être essayer de trouver quelqu'un, pour un peu plus tard? Il y a des RDV plus difficiles et longs à obtenir que d'autres...
    Prends soin de toi, mange, bois, dors, repose-toi en un mot!

  • Il est bien ton toubib, un peu d'antidépresseur, beaucoup d'homéopathie. C'est bien.
    Repos, et surtout change toi les idées.
    Des bises

  • Enfin !! C'est bien ma belle, repose toi un max et ne t'inquiètes pas pour le taf, il se fera.
    Au fait, elle t'a donné quoi en homéopathie et quels dosages ? Courage Claude ça va aller, faut juste laisser le temps faire son oeuvre. Bisous

  • @Paodora : si vous n'avez pas de réponse, la photo vous donnera de sérieux indices sur le traitement ;-)
    N.B. Je regrette tellement l'époque où Claude (avait) prenait le temps de répondre à nos commentaires.

  • Le repos ordonné par ta médecin et son traitement que tu devras respecter t aideront a reprendre pied : mais stp Claude si nécessaire oublie le travail et tes collègues pense a toi, a ton chéri, a ceux que tu aimes ....

  • Claude essayez de ne penser qu'à votre santé et votre équilibre, laissez aux autres leurs préoccupations sur leur confort au travail. Vos collègues n'ont rien compris non plus si elles en sont à se demander ce qu'elles vont faire sans vous. Vous n'êtes pas leur béquille, qu'elles assument leur part de travail à la place où elles sont.
    Ce que je vous en dit n'est pas dureté de ma part : il vous faut ouvrir les yeux sur un dysfonctionnement de ce lieu de travail où on fait peser sur vos épaules des attentes démesurées.

    prenez soin de vous et surtout laissez le médecin décider du moment où elle jugera que vous pourrez reprendre le travail.

  • J'ai eu le même genre de petites pilules pendant des mois, du lithium, je crois.

    épisode dépressif fonctionnel
    Je trouve ça joliment dit. Ta toubib est une fine psychologue.
    Depuis que j'ai commencé à te lire, tu commençais ton régime et je me disais qu'il fallait être un surhomme ou plutôt dans ton cas, une surfemme pour affronter de front? boulot, régime strict et sport intensif.
    Là, je lis dans un de tes derniers articles que tu n'as pas fait la sieste, et que tu t'es couchée à 22h30. On dirait que ton corps remonte la pente grand V, grande sportive que tu es...Mais, va falloir t'occuper de ta santé mentale. Et va falloir que, dès que tu auras repris un peu de poil sur la bête, que tu réfléchisses à ton avenir...
    Tu sais, je n'ai jamais oublié les premiers articles que j'ai lu chez toi quand tu nous racontais que tous tes collègues se faisaient la malle les uns après les autres et ne restaient jamais bien longtemps dans cette boite.
    Y'a pas de fumée sans feu. Pourquoi serais-tu l'exception ? Travailler avec des ons, franchement, ce n'est pas la panacée du bonheur.
    Etre pressé toute sa vie comme un citron, et ben, arrive un moment où le citron n'a plus de jus.
    Mais, bon, tu n'en es pas encore là à y penser. Faut soigner ton corps en premier. Le jour où tu ne pleureras plus comme la Madeleine, tu seras sur le chemin de la guérison. Je te souhaite le meilleur. Dans ton cas, te voilà dans des mains efficaces. Bon, 15 jours, c'est peu, mais faut un début à tout. Ta toubib est une sage qui demande à te revoir avant ta reprise de boulot.
    Et, surtout, surtout, déconnecte du boulot, ne réponds pas aux mails. Même tes collègues devraient te laisser tranquilles, sauf celle ou ceux qui sont de vrais amis..
    Bises

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