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Prendre mon mal en patience

Je sais je sais je sais... Ca ne fait que dix jours que je suis en arrêt maladie, que dix jours que j'ai accepté de lâcher prise, que dix jours que j'essaie tant bien que mal de remonter la pente que j'ai mis trois ans à descendre.

Il n'empêche, ça m'exaspère d'être dans cet état.

Petite anecdote de ce matin qui m'a dérangée. J'avais rendez-vous chez la kiné, que je n'avais pas vue depuis avant les vacances de Noël. Quand je lui ai dit bonjour, en souriant du mieux que je pouvais, elle m'a dit que j'avais une petite mine.

Et bim je me suis mise à pleurnicher. Je lui ai raconté en quelques mots pourquoi j'étais mal, sans entrer dans les détails et elle a mis le doigt sur ce qui ne va pas. Elle m'a dit "mais vous qui êtes toujours si souriante, si positive, vous ne vous plaignez jamais même quand je vous fais mal au genou, vous m'écoutez, vous m'encouragez... Jamais je n'aurais pensé que quelqu'un comme vous puisse se sentir mal".

Ben voilà, il est là le hic. Depuis si loin que je me souvienne, j'ai toujours donné le change. Petite fille modèle, adolescente sans crise, adulte effacée, mon sourire étant mon arme suprême, avec mon mur de graisse, ne montrant pas mes états d'âme afin que l'on ne puisse pas les utiliser contre moi.

J'ai éliminé ma protection de 30 kilos et ai appris à vivre avec cette impression d'être plus fragile, à nu, tout en continuant malgré tout à (essayer de) donner le change.

J'ai minimisé tout ce qui en réalité m'atteignait profondément, semaine après semaine, mois après mois, année après année. Et aujourd'hui tout s'écroule. Alors oui, il va falloir que je prenne mon mal en patience et que je sorte tout ce qu'il y a à sortir de souffrance en moi.

Je m'en veux terriblement d'imposer mes larmes à tout le monde, et particulièrement aux gens que je connais à peine.

Après la kiné, j'avais rendez-vous avec JC, mais le temps d'aller boire un café. Je me suis donc posée dans un joli café tranquille, et ai bu tranquillement un grand café crème. Cette pause, seule, dans le calme, sans rien faire que regarder autour de moi, m'a rassérénée.

Je suis arrivée au studio souriante, et nous avons fait une belle séance avec JC. Qui m'a dit que ma forme physique est en train de revenir, que je dois aussi prendre soin de mon âme, pas seulement de mon enveloppe corporelle.

A midi, je suis rentrée, ai déjeuné seule dans le calme, de deux oeufs, lentilles cuisinées par Chéri avec des oignons et des carottes, et de carottes râpées, il en restait d'hier soir. Un pamplemousse en dessert.

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Chéri est rentré, en m'offrant un livre dont je lui ai parlé il y a quelques jours, dont j'ai entendu parler récemment et qu'il me semble intéressant de lire. Je verrai si le livre est aussi intéressant que l'interview de l'auteur. Je vous en reparlerai.

Livre.jpg

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Nous sommes ensuite allés goûter chez Heure Bleue et Son Goût. Où nous nous sommes régalés d'un café et d'un gâteau marbré. Ils m'ont prise dans leur bras et j'ai pleuré.... Pfouuuu je suis épuisée de pleurer.

Tout comme je suis épuisée de cette journée, je me rends compte à quel point je suis fatiguée, physiquement tant que moralement, je suis vraiment amoindrie.

Bon, je verrai comment me trouve la médecin demain. Je vois JC demain en toute fin de journée, à 19 heures, ce sera la quatrième séance de cette semaine, je m'accroche à ça, ça me fait sortir, bouger...

Nous sommes rentrés à 19 heures, j'ai dîné légèrement d'une soupe, carottes râpées, oui, encore;-) et oeuf dur. Une clémentine.

Dîner.jpg

Il est 21h30, mes yeux se ferment, besoin de dormir. Je suis angoissée à l'idée de voir la généraliste demain. Je suis angoissée à l'idée de devoir retourner au bureau. Je suis angoissée tout le temps.

Passez une douce soirée, prenez soin de vous et de ceux que vous aimez. J'ai la chance de n'avoir autour de moi en ce moment qu'amour et bienveillance, de tout le monde, et voilà que ça me fait pleurer, cruche que je suis.

Commentaires

  • Je pense que tu évacues par les larmes tout ce que tu as enduré et surmonté. C est sans doute nécessaire il faut que ça sorte pour mieux cicatriser ensuite. Je ne crois sincèrement pas que tu sois en état de reprendre le travail. Donne toi du temps. Tu es entourée de gens attentionnés. Ca va aller.

  • Accepte d'écouter ton corps, prends le temps de te reposer vraiment ! Tu vois ton médecin aujourd'hui et il te donnera un avis professionnel. Profite du temps qui t'est accordé pour te remettre sur pied. Belle journée a toi !

  • J'espère que votre médecin vous donnera directement un congé assez long pour dépasser la clôture...
    Est-ce elle qui vous dit que dix ou vingt oeufs par semaine ne posent pas de problème ?

  • Mais tu ne vas pas y retourner de suite, au travail!! Tu as à peine commencer à effleurer le traitement, il te faut plus de temps. On ne rattrape pas 2 ou 3 ans d'une non-thérapie en 2 ou 3 semaines...
    Ça fait partie des choses que je craignais depuis longtemps, il aurait fallu accompagner ton changement depuis le début, presque depuis que tu t'es mise au sport avec JC, mais au moins depuis le début de ton Radical, là où tu as eu tellement de mal à assumer les changements rapides, puisque tu te vois toujours grosse alors que tu ne l'es définitivement pas.
    Ça, plus le rythme de travail déjà très élevé, qui s'est emballé depuis des mois... personne n'aurait tenu le choc Claude, pourquoi toi plus qu'une autre??

    Déjà tu as pris conscience des choses "que dix jours que j'essaie tant bien que mal de remonter la pente que j'ai mis trois ans à descendre" :-)
    Continue à lâcher prise et à prendre soin de toi, ne te néglige plus. Tu le mérites et tu le vaux bien!

  • Cruche ? Non, tu n'es pas cruche... tu te laisses submerger par les émotions, et surtout par les choses positives que te renvoient les autres. Tu as appris à te protéger des agressions mais pas des mots gentils qui te touchent en plein cœur. Et ça déborde.
    Va faire un petit tour sur ce blog qui regorge de podcasts inspirants et qui aident à avancer...
    Et peut être commence par le tout dernier : "se parler gentiment"...

  • Tu sais bien que tu es bienvenue à la maison.
    Si tu as envie de pleurer, n'hésite pas.
    Même si tu as envie de sourire ou de parler.
    Ou simplement de manger du gâteau marbré...

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